Archive pour Flâneries primaires

morceaux du Mile End

première ruelle  

pommes pourries

partout écrasées

J’ai mis le pied sur 2-3 d’entre-elles… j’ai manqué le perdre (le pied).

d’où elles viennent? Il y avait un pommier? Ou ont-elles

été jetées négligemment? 

* * *

Je passe près d’un dépanneur, presque sur le coin d’une rue, dont la porte est ouverte; il s’en échappe une odeur relativement désagréable de houblon ranci, profondément ancrée dans les moindres nœuds du tapis dont on ne parvient pas du tout à se faire une idée de quelle pouvait être la couleur originelle. 

* * *

Dans une cour d’école, les parties de soccer et de corde à danser donnent l’impression de décider du sort du monde tellement on s’y adonne avec ardeur. 

* * *

Sur St-Urbain, une dame repeint son balcon et ses rampes d’escalier du vert si vif et si caractéristique du Mile End… la vitalité d’un quartier se reconnaît à ses couleurs, dès qu’il les affiche.

le ménage d’automne. différents rebus traînent sur les balcons : des télés, des matelas de lit, etc.

Quelques pressés ont déjà sortis, quoique timidement, leurs décorations d’Halloween… c’est les premières que je vois aussi tôt cette année et hors des vitrines des magasins de cossins… Les décorations de Noël doivent déjà traîner à quelque part dans le vestibule…

 

Laisser un commentaire

une première tentative

ma flânerie d’hier est peut-être la première promenade que j’aie vraiment entreprise, selon les principes de bases dont doit se munir le véritable flâneur. À vrai dire, alors que je sortais du métro Mont-Royal, je n’avais aucune destination précise en tête, ni direction ni heure d’arrivée. J’avais l’après-midi devant moi, le but étant nécessairement de revenir à l’appart à un moment où à un autre. J’ai donc bifurqué vers la bouquinerie la plus près, dans la direction opposée de mon monde connu. Première incursion dans cette charmante bouquinerie un peu à l’ouest de Saint-Denis, que j’ai découverte après avoir évidemment remarqué une pâtisserie bretonne, au nom illisible à première vue, à laquelle j’ai même failli m’arrêter… c’est mon genre. Malgré la faim, je sentais bien que quelque chose me poussait vers un tout autre lieu, un lieu qui n’aurait aucune fonction… Une véritable pulsion, finalement, issue d’un profond univers qui demandait visiblement à entrer en contact avec celui qui se déroulait sous mes yeux qui s’ouvraient à peine. J’ai donc décroché mon ancre du Port de Tête…

Et j’ai monté, tout simplement. J’ai compris que je devais me rendre vers le Mile-End. Ce quartier, tout près du mien, que je n’avais jamais vu. Un manque flagrant… Bien sûr que je connais le Fairmount bagels, les bagels St-Viateur, etc… mais encore ne sont-ils que des noms qui avaient jusque-là un écho presque exotique… alors voilà le mot! Exotique! Car cette pulsion vers la promenade fixée au hasard de mes pas, c’était une envie soudaine de me retrouver en terrain inconnu.

J’ai ainsi cheminé, jusqu’à la rue Laurier… jusqu’à l’avenue du Parc… premier revers. J’étais déjà à l’extrémité de la zone. Je suis revenu sur mes pas; ce que j’avais entamé comme une véritable flânerie, qui s’articulait hors de mon contrôle, devenait maintenant une promenade, car tout le rapport que j’entretenais alors avec le lieu en était un de simple reconnaissance, c’est-à-dire que je cherchais surtout à me retrouver afin de ne pas perdre le nouveau but que je venais de me fixer, celui de déambuler au travers du Mile-End.

Ma déambulation, si elle a su s’orienter à sa guise au travers des différents axes du quartier, ne m’a pas permis de m’y intégrer. Ma marche est demeurée suffisamment rapide pour que je ne capte que des noms de lieux, la position des feux de circulation, les petits marchés, etc. Je remarque toujours les cafés et les boulangeries-pâtisseries en premier, ça, c’est un fabuleux dada. Mais parce que je n’ai jamais marqué de pause pour observer un lieu ou un autre, pour en soutirer l’âme et ainsi en admirer la dynamique, je reviens de cette flânerie un peu bredouille… quoique prêt pour la prochaine.

Peut-être ce réseau m’a-t-il été imposé, en quelque sorte, au cours d’un atelier de création particulier… mais c’est justement le premier dans lequel je m’investis. Je travaillerai ailleurs, lorsque je serai prêt; pour le moment, je ne dois pas trop précipiter les choses et je dois laisser au langage le temps qu’il lui faut pour s’imposer comme intermédiaire.

Laisser un commentaire

considérations

mon activité ce matin serait en partie de vérifier les traces de ma promenade d’hier après-midi. Car, avouons-le sans détour, c’est encore de la promenade que je fais, non de la véritable flânerie. Je suis encore à la première couche. Les signes sont nombreux et sur un pied d’égalité assez semblable… Je n’ai pu résister plus longtemps d’ailleurs à ces allergies qui me tenaillent depuis maintenant deux semaines, c’est-à-dire exactement depuis le moment où la session a débuté : je me suis à nouveau procuré une boîte de réactine, format réduit cette fois. Je ne me laisserai pas prendre intégralement au jeu de la dépendance pharmaceutique… mais là, ça devenait vraiment aliénant.

Laisser un commentaire

une intro?

Question d’évaluer le processus qui s’active petit à petit dans ma démarche de création, j’ouvre enfin ce blogue relativement indiscret. Une introduction? bah non! Sinon, spécifier que c’est par la flânerie que je souhaite désormais établir ma position d’écriture.

Laisser un commentaire