Attendre une heure, sinon plus, même sous la pluie.
Certains braves se présentent à l’entrée sans réservation.
Sur le trottoirs, devant le seuil et bien au-delà, les badauds s’entassent, attendent que leur nom soit pigé.
Les jointures blanchies à serrer leurs bouteilles de vin.
Les passants doivent contourner par la rue, malgré son tumulte, malgré le brusque mouvement des taxis.
D’autres se faufilent, avec adresse, et s’amusent un peu à la vue d’une telle foule.
Mais qu’est-ce qui peut bien attirer autant de gens à cet endroit?
On parle fort, en tout cas, la faim nous gagne, on s’énerve un peu.
Certains profitent de l’effervescence subite de ce lieu pour s’arrêter et tendre la casquette.
Parait que les vendredis et samedis sont soirs de guerre pour ceux-là, aux intersections dites branchées.
Pourtant, rien ne mord.
Et c’est vers 1h00 du matin, s’ils ont patiemment dérivé d’un trottoir à un autre, qu’ils obtiendront quelque chose.
Une bouteille traine près du seuil, le bouchon de liège coupé en deux.
Elle coule légèrement, mais c’est pas bien grave.
Il la garde précieusement.
Descend St-Denis pour aller se mettre au chaud.






