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Une petite enclave

L’endroit se nomme officiellement le Parc Saint-Jacques.

Il est emmuré sur son extrémité nord, son extrémité sud; clôturé à l’est comme à l’ouest. Une entrée et une sortie, face à face, un simple passage pour éviter la rue Ontario, dont on perçoit les remous, un peu plus haut.

L’espace est occupé à-demi par une zone de module pour enfants, alors que deux petites tables de bois peintes invitent subtilement les jeunes familles du quartier à y piqueniquer.

Au nord, on dirait une petite école. C’est un peu difficile de s’imaginer 300 enfants piailleurs, en même temps, coincés dans une si petite enclave.

Ce tout petit parc est le coeur d’un aussi petit quartier. C’est toujours ainsi. Un parc est le coeur d’un réseau invisble, de relations quotidiennes, parfois anodines, mais un coeur qui bat – et qui fait vivre le quartier. On peut le ressentir lorsqu’on le croise et qu’on daigne s’y arrêter.

Ces petits espaces silencieux qui, parfois, ont beaucoup à dire sur notre manière d’habiter la ville.

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Le parc, avec un certain recul…

Le parc des Compagnons est bordé d’arbres, ce qui ne signifie rien de particulier, sinon qu’il s’agit d’un espace dévolu au repos urbain. Quelques bancs de bois, ici et là, permettent aux promeneurs de prendre une pause, qui s’avère, la plupart du temps, assez brève. Ceux-ci se retrouvent en bordure du parc, du côté de la rue Chabot, quelques autres au centre. Du côté est du parc, des tables massives de béton ont été installées lors des dernières « rénovations », lorsque le parc avait l’air d’une véritable mine urbaine, impudique. En quoi consistaient ces rénos? je me le demande… C’était en 2006, en tout cas, puisque je travaillais à ce moment dans le coin, à l’épicerie bio de la rue Frontenac. Le parc a conservé des marques physiques de ces interventions. Je soupçonne d’ailleurs que c’est le souterrain qui a motivé un tel investissement. Des surplus de terre ainsi créés, on a cru bon de former quelques petites excroissances, à l’avant du parc, bordées par des restants de béton, formant ainsi des bancs, face à l’avenue. Quelques tables de pique-nique ont été larguées, çà et là, et on ne se lasse plus de les déplacer au gré des ombres.

Tout ce qui reste se retrouve au fond du parc : il s’agit d’une zone de modules pour enfants. Il y a un module d’escalade, haut d’un mètre et demi à peine, dont plusieurs surfaces, en formes assez incongrues, donnent la possibilité d’escalader la structure en tout sens. Des balançoires, évidemment, individuelles ou à bascule, comment préciser convenablement qu’il s’agit de l’une ou de l’autre autrement? On nomme balançoire l’une ou l’autre…

Enfin. Quelques petites bestioles métalliques, montées sur un ressort, ces mêmes bestioles qui habitent la plupart des parcs pour enfants, me rappelant ceux de mon enfance, où quelques petits bonhommes s’ébrouent, à l’occasion, sous l’œil reposé de leurs parents, car c’est bien moins dangereux que le module d’escalade. Une chute de 10 centimètres, tout au plus, quand le ressort est à cran, vers l’arrière, dans un tas de copeaux, ça brise pas des os, ça n’incite pas les pleurnichards à déverser leurs flots… À moins que la bestiole ne se fâche et qu’elle décide de jouer au taureau de festival country, défi des épris de rodéo, et qu’elle ne délie son ressort afin de se péter le front dans les copeaux devant elle, pour mieux rebondir derrière et… nécessairement faire mal. Mais les modules pour enfants sont certifiés des plus hautes normes sécuritaires en matière de loisirs… 

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morceaux du Mile End

première ruelle  

pommes pourries

partout écrasées

J’ai mis le pied sur 2-3 d’entre-elles… j’ai manqué le perdre (le pied).

d’où elles viennent? Il y avait un pommier? Ou ont-elles

été jetées négligemment? 

* * *

Je passe près d’un dépanneur, presque sur le coin d’une rue, dont la porte est ouverte; il s’en échappe une odeur relativement désagréable de houblon ranci, profondément ancrée dans les moindres nœuds du tapis dont on ne parvient pas du tout à se faire une idée de quelle pouvait être la couleur originelle. 

* * *

Dans une cour d’école, les parties de soccer et de corde à danser donnent l’impression de décider du sort du monde tellement on s’y adonne avec ardeur. 

* * *

Sur St-Urbain, une dame repeint son balcon et ses rampes d’escalier du vert si vif et si caractéristique du Mile End… la vitalité d’un quartier se reconnaît à ses couleurs, dès qu’il les affiche.

le ménage d’automne. différents rebus traînent sur les balcons : des télés, des matelas de lit, etc.

Quelques pressés ont déjà sortis, quoique timidement, leurs décorations d’Halloween… c’est les premières que je vois aussi tôt cette année et hors des vitrines des magasins de cossins… Les décorations de Noël doivent déjà traîner à quelque part dans le vestibule…

 

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